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Interview des DRH - Rencontre avec Philippe LAMBLIN, élu DRH de l'année 2015
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Philippe LAMBLIN est le DRH du Groupe Avril, un homme du Nord, engagé pour la région à la fois dans sa fonction de DRH et également dans sa fonction de Président du conseil de surveillance de la Caisse d'Epargne régionale et de la Ligue Nord-Pas de Calais d’Athlétisme. Attaché au sport et à l'activité physique régulière comme levier de développement régional et facteur de santé publique, il a notamment été à l’origine et pilote le grand évènement la « Route du Louvre » qui vient de fêter son dixième anniversaire. Son passage à la DRH du groupe Lesaffre de 1989 à 2008 a été un tremplin qui l’a mené jusqu’au titre de DRH de l’année 2015 en France. Nous avons la chance, en ce début d’année, de partager un moment avec cet homme visionnaire.

P.Lamblin_bis

Droits : Arnaud FEVRIER

Quels sont selon vous les engagements du DRH ?

Le DRH entraine l’entreprise dans une dynamique positive et il va régulièrement au contact des autres. Il dispose évidemment d’outils informatiques et digitaux qui lui permettent de gagner en efficacité, mais le cœur de son métier ne fait pas de lui un « geek » pour autant. Notre métier passe avant tout par le contact humain : il s’agit d’aller à la rencontre des Femmes et des Hommes - managers, partenaires sociaux et autres collaborateurs. Une mission clé de la vie de l’entreprise, qui ne peut réussir que si le DRH est en parfaite harmonie avec le dirigeant.

Il faut par ailleurs être exemplaire, faire de la sécurité et du bien-être au travail l’axe numéro 1 en rendant les collaborateurs acteurs de cette ambition qu'ils partageront avec enthousiasme. Nous avons d’ailleurs édité un guide des bonnes pratiques, dans lequel nous avons recensé 101 initiatives de nos collaborateurs au cours de l’année 2014.

Chez Avril, nous avons aussi mis l’accent sur l’activité physique et ses vertus pour accompagner l’entreprise dans les défis qui sont les siens, avec des actions toutes simples. Par exemple, nous nous sommes demandé ce qu’il serait possible de faire pour inciter les collaborateurs à prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur. Nous avons alors lancé un grand concours photos sur le thème « les Hommes au travail ». Les collaborateurs se sont pris en photos puis elles ont été exposées dans les escaliers qu’ils fréquentent maintenant avec assiduité. Nous avons équipé nos « Escaliers de la forme » de compteurs pour mesurer l’engagement de tous les collaborateurs et sommes tous très fiers aujourd’hui d’avoir littéralement explosé les compteurs. « Ayons un peu d’imagination ! » : Le DRH doit rendre le boulot « sexy »  et faire en sorte que ses collaborateurs prennent du plaisir au travail !

Le DRH doit surtout partager un projet d’entreprise, un projet qui a du sens et pour lequel chaque collaborateur va se mobiliser pour relever les grands défis de l’entreprise de demain. Il faut entrainer, être force permanente de proposition, libérer les énergies et l’initiative, sans avoir peur. L'entreprise qui fera la différence au 21ème siècle est celle qui aura le plus de collaborateurs engagés ! Engagés dans un projet sociétal et entrepreneurial. Je ne peux pas concevoir mon métier autrement !

Et le DRH de demain ?

Je dis souvent que le DRH doit faire son « coming out » pour devenir chaque jour davantage un homme clef de la transformation de l'entreprise ! Nous ne sommes pas que des experts, nous pouvons si besoin nous entourer pour cela. Le manager est un homme qui doit faire en sorte que l’équipe qui est autour de lui donne tout ce qu’elle a. Il faut tout transformer en opportunité, apporter de la valeur ajoutée aux opérationnels et faire preuve de courage managérial.

Quelles ont été les initiatives significatives que vous avez lancées au sein du Groupe Avril ?

Nous avons organisé une importante formation réunissant les 940 managers du groupe qui compte 7200 collaborateurs au total. Nous les avons réunis par groupe de 100, nous avons partagé des valeurs de notre groupe, « le respect »: se respecter soi-même mais aussi les clients, les fournisseurs et faire preuve « d’audace » notre 2nde valeur. “La performance” qui est notre 3ème valeur est tant économique que sociétale : ça n’est pas contradictoire.

Les managers  portent ces 3 valeurs à travers les 4 missions qui sont les leurs :

-      Améliorer la sécurité et la santé au travail : c’est là un thème fédérateur essentiel pour un DRH, un thème qui passe par l’évolution des comportements de tous au sein de l’entreprise,

-      Développer la culture de l’excellence opérationnelle,

-      Mobiliser et faire grandir les collaborateurs,

-      Enfin, faire preuve d’initiative et de créativité.

Les Managers, après cette formation, sont ainsi devenus, davantage qu'avant, les leaders de la réussite du groupe Avril et de la satisfaction des clients.

Que représente pour vous le titre de DRH de l’année que vous avez reçu ?

La remise de ce prix représentait une exposition médiatique inédite, dès le lendemain matin je me rendais à BFM TV, Le Figaro proposait une page, et les interventions à HEC, Sciences Po, à Dauphine et au colloque de la CGT sur Sport et Management se sont succédées...

L’année prochaine nous fêterons les 20 ans du prix, l’occasion de contribuer à alimenter la réflexion sur les grands enjeux de la RH et le 1er d’entre eux : l’engagement des hommes dans l’entreprise, en les rendant plus heureux au travail.

Ce prix ce fut aussi une opportunité pour mettre en lumière une profession qui est souvent méconnue et trop décriée. Ce fut également la reconnaissance de mes pairs et j’en étais moi-même très étonné, et très fier bien entendu.

Quel est votre attachement à la région Nord-Pas de calais ?

Je me bats pour ma région que je chérie depuis 6 décennies, associativement et entrepreneurialement. Nous avons été capables de lancer la Route du Louvre qui met en mouvement chaque année 16000 personnes venues de toute la France et d'une dizaine de pays. Cet événement est un lien magnifique entre nos territoires, il contribue également à sa santé. Nous devons tous améliorer les indicateurs de santé de la région. Il faut, pour ce faire, lancer des initiatives entrepreneuriales de prévention et les coordonner ! Dans cette région, il faut changer les codes et à chaque fois que l’on s’y est employé cela a été porteur. Lorsque l’on associe l’entreprise, le politique et le monde éducatif, cela fonctionne et en cela l’exemple "high tech" d'EuraTechnologies est un bel exemple. Cette mutation que l’on vit depuis maintenant une décennie, depuis la fin des houillères notamment, est en train d’aboutir, nous réussirons ce pari au cœur de l'Europe du Nord-ouest.

 

On parle beaucoup d’entreprise libérée, qu’en pensez-vous ?

Je ne crois qu’aux faits et aux actes ! Il faut arrêter d’être dans le mythe de la théorie, il faut plutôt, dans chaque entreprise, adapter l’organisation aux objectifs et associer la communauté des collaborateurs. Nous avons récemment actualisé notre stratégie à échéance de 2020, nous avons pris l’engagement de retirer un échelon hiérarchique car on s’aperçoit que c’est « sclérosant ». L’entreprise libérée, si c’est celle qui permet à tous les collaborateurs d’être acteur, de participer et de partager alors je dis « oui ». Cela ne doit pas être simplement un effet de mode, je crois beaucoup à la réalité des choses. Les entreprises qui fonctionnent le mieux sont celles qui emmènent tout le monde et qui savent faire adhérer et rendre acteurs... Et soyons à l'écoute des générations Y et Z : sachons les attirer, les promouvoir et les rendre heureux au travail, en osmose avec leurs ainés pour faire gagner l'entreprise.

Au moment de la création de Capital Humain, une enquête avait été lancée auprès de 500 DRH de la région. Il leur avait été demandé quelle était l’image de la profession du conseil en ressources humaines en terme de qualité de prestation ? Quel est votre avis sur ce point ?

Les modes de recrutement  évoluent beaucoup, ils fonctionnent de plus en plus par cooptation et avec une utilisation accrue du digital. Les cabinets de la région doivent apporter une valeur ajoutée dans ce contexte, c’est véritablement une question de confiance que l’on doit établir entre les cabinets et les recruteurs pour réinventer avec eux une collaboration gagnante.